À l’atelier refuge du Sentier des Lauzes, je suis dans l’isolement le plus complet, plongée dans les silences d’un paysage d’une très grande beauté. Je laisse ma caméra de côté, et je recueille les sons que cet espace me donne à entendre. J’écoute le paysage, et les témoignages d’habitants de la commune de Saint-Mélany sur leur rapport au sonore dans cet environnement si particulier.
Je n’envisage la réalisation des images que dans un deuxième de temps, en résonance avec ces enregistrements. Je les projette la nuit sur différents supports trouvés autour de l’atelier, et les refilme
La nuit est une orée. Une de celles qui nous mènent vers les mondes silencieux. Ainsi, Sabine Massenet choisit de partir du noir, sous l’écoute du souffle volontaire de la lampe à gaz, cliquet du Bleuet qu’on allume. Faire la lumière, dans une lueur ténue, faire toute la lumière sur l’écoute. Questionner les silences des habitants d’un village perdu. Décrire le silence, c’est dire la diversité et l’incertitude fragile des indices de présences — des très petites activités du vivant, de près comme de loin. Le film s’élabore comme une projection soumise aux aléas du vent. Les images projetées sur des supports flottants forment des tableaux qui bouleversent la stabilité du réel. Cette incertitude du tangible nous aide à nous souvenir de ce qui en nous fait mémoire
Film réalisé lors d’une résidence au «
2021Festival Après-Varan, Paris.2020Plateforme TËNK.2019Cinéma des Vans, Ardèche.






