Rosa Luxemburg est incarcérée à Berlin en 1915 pour incitation de militaires à la désobéissance.
En prison, la censure est sévère
Le film est composé d’images tirées de documentaires animaliers sur les oiseaux. Le commentaire classique de ce type de film glisse petit à petit vers un discours politique de Rosa de 1915, prémonitoire quant aux conséquences de la guerre de 1914–18. Guerre, sinistrement fondatrice du siècle qui vient de s’achever.
… En préparant les XIIIe Instants Vidéo de Manosque, j’ai reçu en présélection une vidéo de Sabine Massenet, «
Je me dis, tiens, voilà quelqu’un qui s’est trompé de destinataire. Et puis soudain, sans qu’on s’en rende aussitôt compte, le contenu de la voix-off change, dérive… Elle parle toujours des oiseaux avec passion, tendresse, mais aussi des femmes et des hommes de ce monde… Métaphoriquement… De la lutte pour survivre, de la menace des prédateurs contre l’espèce, de la solidarité, des résistances collectives, du partage, de la fraternité. Pendant ce temps, les images perdent leur caractère documentaire pour devenir des masses, des taches frétillantes, des forces contenues… Le texte qui désormais accompagne la vidéo est de Rosa Luxembourg…
La recherche de Sabine Massenet concerne la résonance des images dans la mémoire collective ou privée. Résonances pitoyables et burlesques des images dominantes (celles des soap-opéras ou de la publicité), résonances héroïques des lettres de Rosa Luxembourg que Sabine Massenet à sa manière libère de la censure, résonances physiques entre ce qui évoque un désir publiquement exprimé et ce que spontanément le monde lui renvoie.
Les solutions plastiques et formelles apportées au traitement de cette dimension aussi agissante qu’impondérable de l’expérience commune nous rendent l’œuvre de Sabine Massenet indispensable.
Vidéo réalisée avec le concours du Métafort et du CICV-Pierre Shaeffer.
2011Exposition avec Valérie Mrejen, Galerie Villa des Tourelles, Nanterre.2009«








