Sabine Massenet, Biographie

Au début des années quatre-vingt, après des études de céramique à l’E.N.S.A.A.M.A., Sabine réalise des installations en terre et/ou plâtre, auxquelles elle associe des éléments narratifs (textes ou photos).
Enseignante en arts plastiques auprès de jeunes enfants, elle intègre en 1984, le service éducatif du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Elle y découvre l’art moderne et contemporain, et par l’entremise de Martine Rousset, cinéaste et responsable de l’auditorium au musée, le cinéma expérimental.

En 1997, elle perd son atelier, le quatrième en moins de dix ans. Elle passe alors plusieurs journées à visionner dans l’exposition de vidéos «Prends garde! À jouer au fantôme, on le devient», au Centre Pompidou, les films de Chris Marker, Matthias Müller, Bill Viola, Maya Deren, pour ne citer qu’eux. Elle décide alors de se consacrer uniquement à la vidéo.
Cette année-là, elle gagne avec son film «Comment tu le trouves?» le premier prix du concours Vidéo/Arts Plastiques organisé par le Conseil général de Seine-Saint-Denis, pour le Centenaire de la naissance de Louis Aragon, ce qui l’encourage à poursuivre.

Elle explore le portrait avec une ouverture sur le langage et sur la résonance des images dans la mémoire collective ou privée avec «Comment tu le trouves?», «Téléphone arabe», «Je ne me souviens plus», «Image trouvée» qui obtient en 2013 le prix de l’œuvre d’art numérique de la Scam.
Elle pratique également le recyclage d’images télévisuelles ou de cinéma, qu’elle remonte en se jouant des codes propres à ces deux médiums («Tears», «L’objet plus le désir», «minuit moins cinq/minuit moins dix», «Last dance»…). Elle réalise aussi des vidéos plus plastiques, avec peu d’images, le montage primant pour elle sur le tournage («Rittrati», «Transport amoureux»…). Certaines de ses vidéos combinent ces trois axes de recherches («Je comprends moi aussi le langage des oiseaux», «Masques et Postiches», «Brûler la mer», «J’entends rien»…).
Heure exquise distribue l’ensemble de ses vidéos.

De 2000 à 2007, elle fonde et dirige avec Véronique et Christian Barani une structure collaborative de diffusion de films d’artistes, «est-ce une bonne nouvelle», comprenant une centaine d’artistes internationaux. La collection se compose de près de 500 films.

Les vidéos de commande réalisées pour le théâtre, pour la Maison Rimbaud à Charleville Mézières, l’IRCAM ou le Bal sont également pour elle, des objets de recherches riches d’enseignement et de créativité.

C’est au cours de deux résidences, l’une dans le sud de la France à Port-de-Bouc, l’autre à la villa Salammbô en Tunisie, qu’elle commence une recherche photographique dans laquelle elle mêle images d’archives et photos personnelles. L’aventure tunisienne trouvera son aboutissement avec deux livres:«Carthage Trekker» édité par Paygraphie en 2022 et «Un splendide isolement» par les Éditions Peuplier en 2023.

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